Des soldats tchadiens engagés dans la lutte contre les jihadistes au Sahel sont responsables de "viols" de plusieurs femmes à Tera, ville du sud-ouest du Niger, ont affirmé dimanche la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) du Niger et la Force conjointe G5-Sahel.


Le gouvernement tchadien a confirmé dans un communiqué l'information et annoncé que les "auteurs" de ces crimes, "certains soldats du 8e bataillon du contingent tchadien basé à Tera", ont été "arrêtés" et "subiront les sanctions qui s'imposent".


"Il y a une jeune fille élève de onze ans et deux femmes mariées âgées de 23 ans et 32 ans, dont une est enceinte, qui ont été violées. Il y a cinq autres femmes qui ont échappé au viol et il y a une troisième catégorie de femmes qui ont été violées mais qui n'ont pas voulu témoigner pour ne pas être stigmatisées (par leur communauté)", a déclaré à l'AFP Hamidou Talibi, rapporteur de la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) qui a mené une enquête.


"Ce sont des soldats du contingent tchadien qui sont les auteurs de ces viols", a-t-il ajouté, précisant ne pas avoir pu les identifier.


"Les soldats violeurs "vont dans les maisons" et certaines victimes "ont été violées à leur domicile en présence de leur maris qui ont été menacés avec des armes à feu", selon M. Talibi. 


Ville de 100.000 habitants, Tera est située dans la région de Tillabéri (sud-ouest du Niger), proche du Burkina Faso et du Mali, dans la zone dite "des trois frontières" particulièrement visée par les attaques de groupes jihadistes.


Un contingent de 1.200 soldats tchadiens a été déployé récemment dans cette zone pour lutter contre les groupes jihadistes, dans le cadre de la force multinationale du G5 Sahel, groupe de cinq pays sahéliens qui s'efforcent depuis 2017 de coopérer dans cette lutte. 


La Force conjointe G5-Sahel a déclaré dans un communiqué que sa brigade prévôtale de Tera a été saisie et a relevé "trois cas" de "viols avérés" ainsi que des "tentatives de viol", impliquant des soldats du "8e bataillon de la Force, composé de (soldats) tchadiens".


La Force conjointe G5-Sahel dénonce "des faits d’une telle gravité" et assure avoir "pris des mesures idoines" dont le "retrait immédiat" et "le rapatriement" des soldats "mis en cause", ainsi que "l’ouverture d’une enquête pénale" par les juridictions du Niger et Tchad.