Deux soldats tchadiens ont été tués jeudi dans une embuscade dans la région du lac Tchad, près de la frontière avec le Nigeria, où les djihadistes multiplient les attaques meurtrières contre les civils et les forces de sécurité, a déclaré dimanche à l'AFP le ministre de la communication. 


Le lac Tchad est une vaste étendue d'eau et de marécages parsemée d'îlots habités, dont certains sont des repaires du groupe nigérian Boko Haram ou de sa branche dissidente, l'État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap, selon l'acronyme en anglais). Dans leur communication, les autorités tchadiennes ne font pas de différences entre les deux groupes.


Des militaires tchadiens sont tombés jeudi "dans une embuscade", à proximité de Ngouboua, proche de la frontière nigériane, a déclaré à l'AFP Chérif Mahamat Zene, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement tchadien. "Dans cette attaque lâche, deux militaires ont été tués, et 11 personnes blessées, dont 4 civils", a-t-il poursuivi.


L'Iswap, qui a tendance à exagérer les bilans de ses attaques, a revendiqué l'embuscade et affirmé avoir tué 16 soldats.


Le groupe jihadiste Boko Haram est également présent dans la région. L'insurrection est née en 2009 dans le Nord-Est du Nigeria avant de se propager dans les pays voisins, notamment autour du lac Tchad : Niger, Cameroun et Tchad. Depuis, plus de 36.000 personnes, principalement au Nigeria, ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l'ONU.

Le 20 octobre, six soldats tchadiens avaient été tués dans une embuscade dans la région du lac Tchad.


Malgré une vaste opération de l'armée tchadienne en avril 2020, les attaques de Boko Haram dans la province du Lac continuent. Plus de 360.000 personnes y ont fui leurs domiciles pour éviter les attaques et en raison d'inondations, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).


Le président Idriss Déby, 68 ans, dont 30 au pouvoir, avait alors affirmé s'être débarrassé de la présence des jihadistes sur le territoire national.