Les Etats-Unis "exhortent" la junte en Guinée à une transition "rapide" pour remettre le pouvoir aux civils, a déclaré vendredi un haut-responsable américain à Conakry.

 

Le sous-secrétaire d'Etat américain aux Affaires africaines, Michael Gonzales, était en visite en Guinée depuis mercredi, trois mois après le coup d'Etat ayant renversé le président Alpha Condé qui était au pouvoir depuis 2010.

 

Il a rencontré des opposants au régime de M. Condé et des responsables de la junte au pouvoir depuis le putsch du 5 septembre, dont le Premier ministre Mohamed Béavogui et le chef de ce putsch, devenu président de la transition, le colonel Mamady Doumbouya.

 

"Lorsqu'il y a un coup d'Etat et que la transition s'éternise, il y a un risque que cela permette aux militaires de rester au pouvoir", a déclaré M. Gonzales, lors d'une conférence de presse vendredi à Conakry.

 

Il s'est déclaré en faveur de "la mise en place très rapide d'un CNT", un Conseil national de transition qui doit être l'organe législatif de la junte.

 

"Partout où cela a réussi (après un putsch), il y a eu une courte transition permettant le retour des civils au pouvoir", a-t-il insisté.

 

M. Gonzales a aussi exhorté la junte à organiser le procès des auteurs du massacre du 28 septembre 2009, lorsque des militaires avaient tué au moins 157 personnes et violé 109 femmes dans un stade, où des milliers d'opposants à Moussa Dadis Camara, alors chef de junte, s'étaient rassemblés, selon une commission d'enquête de l'ONU.

 

"Il faut déterminer les responsabilités dans ce massacre", a-t-il dit.

 

La ministre guinéenne de la Justice, Fatoumata Yarie Soumah, a déclaré le 26 novembre que le gouvernement se "préparait" à juger les auteurs de ce massacre, à l'issue d'une visite d'une délégation de la Cour pénale internationale dans le pays.

 

Le chef de la junte guinéenne, le colonel Doumbouya, qui s'est fait investir président de transition le 1er octobre, s'est engagé à rendre le pouvoir à des civils après des élections, mais sans mentionner jusque-là d'échéance pour cette transition.