A l’occasion des ‘’32è Rencontres professionnelles de l’entreprise’’ qui se sont déroulées ce mardi 23 février à Abidjan, le Directeur général de la Banque Populaire, Issa Fadiga, a déclaré que ''les banques n’ont pas la possibilité de financer les startups''.


Relativement à l’accompagnement des PME, Issa Fadiga, patron de la Banque Populaire de Côte d’Ivoire (BPCI), a expliqué que les quatre banques publiques du pays en activité sur le marché ivoirien représentent 19% du réseau national bancaire et enregistre un bilan du portefeuille crédits chiffré à 8%.

‘’Les gens pensent que les banques publiques existent pour financer le secteur public. Mais à la réalité, elles financent principalement le secteur privé à près de 70 à 75% dans le secteur secondaire et tertiaire contre 25% en moyenne pour le secteur public ‘’, a-t-il fait savoir.


Par ailleurs, le taux d’intérêt pratiqué par les établissements financiers dans l’espace UEMOA se révèle comme étant un obstacle pour l’accès des PME à des financements adéquats. Ce pourquoi, Issa Fadiga a répondu qu’il existe une corrélation entre le taux d’intérêt et le niveau du risque. ''Plus le niveau de risque est élevé, plus le taux d’intérêt l’est également'',a-t-il confié.


''Le coût des ressources peut aussi expliquer la problématique du taux d’intérêt. Si une banque va prêter 5 à 6 milliards auprès d’une compagnie d’assurance, celle-ci peut exiger que cet emprunt soit rémunéré de 5 à 6%. Vous comprenez que la banque ne peut prêter ces mêmes fonds à 5%, même si la PME présente un niveau de risque zéro'', a soutenu M. Fadiga.


Pour remédier à la question du taux d’intérêt en particulier et celui du financement des PME en général, Issa Fadiga a préconisé l’augmentation du taux de bancarisation. Celui-ci estimé aujourd’hui à 22%, peut améliorer la capacité des banques à pouvoir prêter, à travers des ressources beaucoup plus vastes et moins coûteuses.  


L’appel est lancé aux PME à se formaliser et disposer d’états financiers fiables pour réduire leur niveau de risque. L’Etat pour sa part, doit mettre en place d’un registre de sureté unique qui va centraliser toutes les sociétés nationales et procéder à l’opérationnalisation du fonds de garantir qui permettrait de mitiger le risque que prennent les banques en faveur des PME.