La Commission mixte paritaire de matérialisation de la frontière Côte d’Ivoire - Burkina Faso a été installée ce vendredi 19 février 2021 à l’auditorium de la Primature. Composée de 20 membres dont 10 par pays, cette commission est chargée de conduire à terme le processus de matérialisation de la frontière pour le compte des deux Etats.


Les membres de la Commission mixte paritaire ont été installés par Vagondo Diomandé, ministre de l’intérieur et de la sécurité représentant le Premier ministre, Hamed Bakayoko, Président de la Commission Nationale des frontières de la Côte d’Ivoire (CNFCI) et le ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation du Burkina Faso, Clément Sawadogo Pengdwendé. 


"Cette cérémonie constitue un évènement majeur dans la volonté des deux pays d’œuvrer à la consolidation de la paix et de la cohabitation pacifique entre deux peuples. La frontière peut constituer une source de tension et de conflit entre Etats si elle n’est pas définie et acceptée de tous", a indiqué Clément Sawadogo Pengdwendé. Continuant sur sa lancée, le ministre de l’administration du pays des hommes intègres, a fait l’historique du tracé frontalier entre les deux pays frères et voisins. 


"Souscrivant au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, adopté en 1964 par l’organisation militaire africaine, le Burkina et la Cote d’ivoire, soucieux de la préservation de la paix et de la stabilité entre les peuples, ont manifesté leur volonté de procéder à la matérialisation de la frontière commune à travers la signature en 1993 d’un accord", a-t-il révélé avant d’ajouter que "les deux gouvernements ont signé le 30 juin 2014 à Ouaga un protocole d’accord instituant une commission mixe de matérialisation de ladite frontière". 


Clément Sawadogo Pengdwendé conscient de l’enjeu autour de la gestion des frontières, a exhorté les membres de la commission à mener à bien ce processus qui, à terme, permettra non seulement de renforcer la cohabitation pacifique entre les populations mais aussi une meilleure qualification du développement des zones frontalières par les Etats.


 "C’est une lourde et énorme tâche qui vous attend. La Commission vous exhorte à vous y atteler avec dévouement et abnégation à l’intérêt supérieur des deux peuples", a-t-il recommandé. 


Une recommandation réitérée par le patron de la sécurité intérieure de la Côte d’Ivoire. "Une fois installée cette commission j’en suis convaincu comme vous tous d’ailleurs saura apporter les réponses définitives aux difficultés frontalières évoquées", a indiqué le ministre Diomandé Vagondo qui a invité les vingt membres de la Commission mixte à mesurer l’ampleur de leur mission et la grande responsabilité qui est désormais la leur.


Le ministre de l’intérieur et de la sécurité a surtout insisté auprès de ses collaborateurs à faire en sorte que "les frontières ne soient plus des barrières mais plutôt des passerelles pour une meilleure intégration sous régionale au bénéfice de nos populations".


Le cadre référentiel de la mise en œuvre de cette Commission prend sa source dans le Programme frontière de l’Union africaine (PFUA). Ce projet vise à mettre en place un outil de coopération pour la délimitation/démarcation des frontières. Ainsi que la coopération transfrontalière, le maintien et le renforcement de la sécurité aux frontières et le règlement pacifique des conflits liés aux frontières.  

 

La cérémonie d’installation de la Commission mixte paritaire de matérialisation de la Frontière Côte d’Ivoire-Burkina a été précédée les 17 et 18 février des travaux de la première rencontre de ses membres. Cette rencontre a permis de définir la méthodologie de travail et l’adoption du plan d’actions de la Commission mixte paritaire de matérialisation pour les trois prochaines années.