Dans le but d’optimiser les services numériques que proposent les administrations publiques aux citoyens, l’Etat de Côte d’Ivoire se doit d’asseoir une politique de coordination avec le secteur privé. C’est l’une des propositions faites le jeudi 18 février 2021 à Abidjan au cours d’un panel autour du thème : "Les leviers pour une Gouvernance électronique réussie". Cette tribune d’échanges s’est tenue à l’occasion de la deuxième édition des Assises du numérique en Côte d’Ivoire.


Depuis les réformes engagées par l’Etat ivoirien sur le développement des télécommunications et des TIC, les panelistes ont constaté que l’offre des services numériques dans les domaines comme l’éducation, la santé, la fonction publique et les finances demeure limitée. 


Raison pour laquelle, Souleymane Djiré, Directeur de l’exploitation de l’Agence nationale du service universel des télécommunications / TIC (ANSUT) propose une coordination entre les pouvoirs publics et les entreprises privées exerçant dans le secteur. "Cette collaboration entre ces deux entités aura un fort impact et des résultats probants, ce partage d’expérience va positionner la Côte d’Ivoire parmi les meilleurs en matière de gouvernance électronique" a-t-il souligné.


En outre, il a évoqué l’application effective des textes qui régissent la gouvernance électronique en Côte d’Ivoire et le renforcement des capacités des acteurs de l’administration publique à l’utilisation des services numériques. "C’est impossible de mettre en place une gouvernance électronique performante, sans que les acteurs aient les compétences requises (...) nous constatons que certains ministères ne disposent pas de services informatiques" a déploré Souleymane Djiré.


Le renforcement des infrastructures numériques des administrations et la formation des acteurs du milieu mettront fin à l’inaccessibilité aux réseaux et services de télécommunications ainsi que l’illettrisme technologique renchérit le Directeur de l’exploitation de l’ANSUT.


Souleymane Haidara de Microsoft (Partenaire de la plateforme numérique du Gouvernement ivoirien e-gouv) s’est appesanti sur la promotion de la culture de l’innovation technologique au niveau de l’administration et entreprises. Pour lui, Ces structures doivent également se doter d’une feuille de route en vue de sécuriser les données des individus utilisées pour la gestion des services numériques. "Pour la mise en œuvre de ces stratégies d’accélération de la gouvernance électronique en Côte d’Ivoire, il faut mettre le citoyen au centre de ces actions, car c’est la clé de réussite de la transformation digitale à l’échelle de tous les pays" a-t-il martelé.


Le niveau de la Côte d’Ivoire en matière de gouvernance électronique est-il satisfaisant ?

Sur la question, Souleymane Djiré de l’ANSUT répond par l’affirmatif en raison des infrastructures, des organes de régulation et le cadre juridique mis en place par l’Etat ivoirien pour développer la gouvernance électronique. Cependant, beaucoup reste à faire dans ce sens pour l’améliorer. « En 7 ans, l’Etat a fait des progrès, mais la satisfaction n’est pas entière, il faut simplifier davantage la vie des populations » a dit Souleymane Djiré.


Denis Motte, Directeur général d’une entreprise de certification des documents électroniques a à son tour déploré le retard accusé par des entreprises ivoiriennes dans la gestion numérisée des documents. "Les entreprises ne se sont pas encore accaparées toutes les technologies et de toute la mise en œuvre autour de la confiance numérique documentaire" a-t-il fait savoir. Il a expliqué que malgré les dispositions légales et réglementaires mises en place par les organes de régulation des TIC, plusieurs entreprises ont des difficultés à s’adapter à ce nouveau mode de gestion de documents.


Par contre, Philippe Kouamé, Directeur de la confiance numérique et de la sécurité de l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI) a signifié que le défi majeur n’est pas seulement de permettre aux entreprises de s’approprier toute la technologie, mais plutôt bâtir la confiance des usagers au numérique. "Certes nous avons des efforts à fournir en terme d’infrastructures technologiques, mais le plus important est de rassurer le citoyen sur la fiabilité des services numériques  proposés par les administrations publiques et entreprises privées" a-t-il affirmé.


Notons que la Côte d’Ivoire est passée de la 172e place en 2018 à la 139e au classement sur la gouvernance électronique 2020 des Nations-Unies.