Jacques Anouma, ex-patron du sport roi en Côte d'Ivoire et candidat déclaré à la présidence de la Confédération africaine de football (CAF) du 12 mars prochain, s’est adonné ce vendredi 19 février à un grand oral face à la presse nationale et internationale.

 Au cours de cette conférence, il a décliné les quatre axes prioritaires de son programme de gouvernance pour redorer l’image du football africain et redresser l’administration de la CAF.


D’entrée de jeu, Jacques Anouma dont slogan : « Servir le football africain, Modernité-responsabilité-transparence », a annoncé que dès son élection, il va procéder à une évaluation précise de la mise en place du plan d’action en 100 points proposé par la FIFA. Deuxièmement, il entend renforcer les acteurs locaux du football c’est-à-dire les associations nationales qui sont les dépositaires de la CAF. « Rendre plus fortes les associations nationales, c’est renforcer le football africain lui-même », a-t-il dit. Tertio, il milite pour la mise en place d’une politique qui permettra de rétablir les équilibres financiers et trouver de nouvelles ressources pour financer le développement du football africain.


« Nous mettrons l’accent sur le développement des droits digitaux », fait-il savoir. Le quatrième axe concerne le jeu proprement à travers la valorisation des compétences des arbitres et techniciens, mais également, une réflexion sur le nombre et le rythme des compétitions. Il compte aussi mettre en œuvre les compétences de jeunes et de filles, améliorer la détection des talents pour leur permettre d’exercer leur passion sur le continent.

En outre, ces échanges avec la presse ont porté sur sa campagne, les mesures urgentes qu’il entend prendre à son arrivée à la CAF, l’ingérence de la FIFA dans les affaires internes de la CAF, les trois candidatures issues de l’Afrique de l’ouest, l’augmentation des subventions des fédérations nationales, le format de la CAN à 4 ans et la Covid-19.


Le créateur du tournoi des quatre nations, faisant montre de sérénité et de courtoisie a rassuré les uns et les autres. « Je vais m’installer à la CAF à temps plein. Il faut être là pour faire fonctionner l’administration. Il est très important qu’on sente la présence de celui qui a été élu », a-t-il promis.

Selon Jacques Anouma, dans ce contexte politico-sportif, il est impossible d’ignorer les avis et positions des présidents Africains. Ce pourquoi, il a estimé qu’il faut accorder la place à diplomatie et à la politique dans cette course au trône de la CAF. Cependant, « le meilleur travail à faire c’est auprès des 54 présidents de clubs africains. Il faut demander aux africains de décider du choix du leader de notre football en toute indépendance », a-t-il déclaré.


En ce qui concerne l’ingérence de la FIFA dans les affaires internes de la CAF, l’ex président de la FIF, dit respecter les opinions des uns et des autres. Sans toutefois rentrer dans ce débat, il fait observer qu’il n’y a pas de textes qui interdisent cette ingérence. « C’est simplement un problème d’étique », a-t-il soutenu.


Issu d’un pays ouest africain, celui a déjà fait ses preuves à l’UFOA se réjoui de cette occasion historique pour que l’Afrique de l’ouest qui n’a jamais dirigé la CAF, le fasse. S’agissant de la relation qui existe entre lui et ces deux rivaux de cette même zone, « Je parle avec eux. Nous allons continuer pour donner la chance à notre sous-région de diriger la CAF », a-t-il fait savoir.


Il a profité de cette brèche sur l’Afrique pour rendre un hommage à Issa Hayatou, président d’honneur de la CAF. « Soyez fiers de lui. Pendant 8 ans je l’ai vu défendre l’Afrique. N’allons pas dans un combat frontal avec la FIFA. Je demande simplement que le niveau de collaboration soit revu », a-t-il souhaité.


Relativement à l’augmentation des subventions des fédérations nationales, le candidat ivoirien a été très formel : « la CAF est malade de ses finances. C’est le président de la commission de finance qui l’a dit au cours de l’Assemblée Générale de 2020. Nous allons d’année en année à un déficit structurel. Je vais d’abord faire l’état des lieux avant de distribuer des dividendes », promet celui qui a été médiateur CAF-FIFA.

Ayant été lui-même malade et guéri de la Covid-19, Jacques Anouma s’est référé à l’organisation du CHAN 2021 au Cameroun, en dépit des mesures barrières. Mais, sa démarche a été qu’en concertation avec les experts du milieu des décisions seront prises pour plancher sur la reprise des championnats de football.


Rappelons à toute fin utile que cette conférence faite suite aux différentes missions gouvernementales de haut niveau, diplomatique et politique qui ont sillonné le continent africain ces dernières semaines pour solliciter l’adhésion indispensable de pays frères au projet de candidature de l’ivoirien Jacques Anouma.