Les dispositions légales et réglementaires sur l’utilisation, la gestion et le traitement des données personnelles doivent être renforcées dans le but de protéger la vie privée de l’individu. C’est la principale recommandation faite par des experts le jeudi 18 février 2021 à Abidjan au cours d’un panel qui a eu lieu autour du thème : "La protection des données personnelles à l’ère de l’Open / Big data" à l’occasion de la deuxième édition des Assises du numérique.


Pour Léon Brandre, expert en protection de données à caractère personnel, l’utilisation des données par les administrations et entreprises doit être faite dans le respect de la réglementation tout en garantissant les libertés individuelles et la vie privée des personnes. Certes, ces informations dont disposent ces structures ont un intérêt social et / ou économique pour le citoyen, cependant son usage doit tenir compte d’une politique de confidentialité a-t-il expliqué. "La gestion des données à caractère personnel ne doit pas occulter la vie privée de l’individu, il faut un ordonnancement juridique permettant de le protéger davantage et le rassurer sur l’usage de ses données" a suggéré Léon Brandre CEO du Groupe DPSE.


Dans le même ordre d’idée, Jocelyn Adjoby de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) indique qu’en améliorant le cadre juridique sur la protection des données personnelles, le législateur doit adapter ces dispositions réglementaires au contexte local sans toutefois copier celles de l’extérieur.


C’est pourquoi Balkissa Idé Siddo, Responsable des politiques Afrique francophone Facebook estime que pour une législation forte sur la protection des données à caractère personnel, elle doit être basée sur trois principes fondamentaux. Ce sont entre autres l’accès des données aux individus, l’obligation aux structures possédant ces données de les traiter en respectant un programme de confidentialité des citoyens et la création d’un organe de régulation pour faire appliquer ces dispositions. 


Quant à Dorcas Gbato, Directrice de la protection des données personnelles de l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI), elle a souhaité que les données personnelles utilisées circulent dans un environnement sécurisé permettant de réduire des risques d’erreurs. "Nous souhaitons qu’il n’y ait pas de menaces pour la sécurité et la liberté des personnes (...) l’individu doit être au centre de la gestion de ses données personnelles et que la technologie soit à son service" recommande-t-elle.


On rappelle que l’Etat ivoirien s’est doté en 2013 de la loi "Vie Privée" relative à la protection des données à caractère personnel définissant les principes de bases qui permettent de respecter la collecte et l’utilisation ainsi que tous les systèmes mis en place dans la gestion de ces données.