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Au Brésil, un premier atelier "royal" de battes de cricket

Publié le 7 juin 2022 à 20:40 Modifié le 30 sept. 2022 à 12:12

  • Au Brésil, un premier atelier "royal" de battes de cricket

Dans un atelier qui donne sur les verdoyantes montagnes du sud-est du Brésil, Luiz Roberto Francisco, un ébéniste autodidacte, travaille du pin dont il va faire un objet rare au pays du football: une batte de cricket.

A 63 ans, il possède l'unique atelier du Brésil consacré au cricket, dans la petite ville de Poços de Caldas, dans l'Etat rural du Minas Gerais.

C'est là qu'est basée Cricket Brasil, une organisation fondée par un Britannique, Matt Featherstone, ancien joueur professionnel de cricket qui a fait tant d'émules qu'il vise 30.000 licenciés dans les trois prochaines années.

L'arrivée de Featherstone, au début des années 2000, a permis, avec ses 19 employés aujourd'hui, de faire exploser ce sport. Le Brésil compte plus de 5.000 joueurs, et l'équipe féminine a remporté quatre des cinq derniers championnats sud-américains.

Mais le Covid a mis un brutal coup d'arrêt à l'expansion du cricket: les battes, importées, se sont mises à manquer.

Et quand Featherson est venu demander à Francisco, un électricien à la retraite connu dans la ville pour ses grands talents de bricoleur, s'il "pouvait relever le défi", ce dernier a dit: "j'accepte!".

- YouTube et jugeote -

Francisco n'avait pourtant jamais eu en main une batte de cricket de sa vie.

Ignorant quel bois serait approprié, après des mois de tâtonnements sur tous les bois qu'il pouvait ramasser autour de chez lui, il s'est fixé sur le pin.

Puis, en combinant tutoriels vidéo sur YouTube et jugeote, après pas mal d'essais et d'erreurs, il a compris qu'il faudrait appliquer une pression de deux tonnes sur le bois pour arriver à la densité souhaitée.

"Il n'y avait aucune machine au Brésil capable de faire ça", explique à l'AFP l'artisan, en faisant visiter son petit atelier. "Alors j'en ai inventé une moi-même".

Et la modeste fabrique située sur le pas de la porte de Francisco est devenue sa nouvelle compagnie, fièrement nommée "Battes royales".

Aujourd'hui, l'artisan peut fabriquer une batte de cricket en cinq heures.

Une batte coûte environ 100 reais (à peine 20 euros) -- 70 fois moins qu'une batte de qualité importée d'Angleterre.

Alors que le cricket a de plus en plus d'adeptes, la petite entreprise de Francisco se développe et se diversifie. 

Aujourd'hui, il fabrique aussi des wickets et des chaises de cricket pliantes.