La Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix a abrité du mercredi 08 au vendredi 10 septembre, un colloque international portant sur le thème : "Conflits et réconciliations en Afrique à travers l’histoire". Cette activité scientifique organisée conjointement avec le Département d’histoire de l’université Félix Houphouët-Boigny, a pour but d’analyser les questions de conflits et de réconciliations à travers l’histoire multiséculaire de l’Afrique.


Selon Jean-Noël Loucou, Secrétaire général de cette fondation, temple de la paix pour des activités scientifiques, la réflexion a porté aussi sur les mécanismes de prévention des conflits. Ceux-ci peuvent être prévenus plutôt que traités dans la crise.


"Comme nous l’enseigne le Président Félix Houphouët-Boigny, « l’usage de la force n’a jamais réglé aucun problème et ne fait qu’engendrer des haines dont les séquelles empoisonnées persistent à travers les générations", a-t-il expliqué.


Aussi, il a invité l’auditoire à une introspection autour de deux questions essentielles : Comment donc parvenir à se réconcilier à la suite d’un conflit, d’une querelle, d’une guerre ?


"De quelles souffrances l’humanité n’est-elle pas affligée parce qu’elle ne sait pas se réconcilier ?", comme nous interpelle le pape Jean-Paul II.


L’un des temps forts de cette cérémonie d’ouverture a été la leçon inaugurale présentée par le président du comité scientifique de ce colloque international, le professeur Simon-Pierre Ekanza.


De sa démarche argumentative, il ressort que la quasi-totalité des confits africains actuels consiste en une opposition entre un pouvoir central et des régions périphériques. Face à cette réalité, l’éminent professeur titulaire d’histoire d’Afrique soutient qu’il ne s’agit pas d’une balkanisation de l’Afrique sur la base des lignes ethniques, battues en brèche par les migrations, mais d’un renforcement du processus de décentralisation dans les pays africains.


A en croire Simon-Pierre Ekanza, une telle disposition présenterait l’avantage d’allouer l’aide au développement directement à des régions, via, par exemple, les organisations sous régionales. Et non à des pouvoirs centraux susceptibles de mauvaise gestion et de détournements.


"Ainsi, serait-il possible de combattre les disparités politiques, économiques et sociales et de réduire la probabilité de conflit", a-t-il exprimé en termes de synthèse de sa leçon inaugurale.


Le Professeur Simon-Pierre Ekanza a fini en souhaitant moins de domination par l’idéologie ambiante de la violence au profit des attentes nourries à l’endroit des Etats africains et une redistribution plus égalitaires de leurs richesses.


Notons que plusieurs personnalités dont le gouverneur du District Autonome de Yamoussoukro, Augustin Thiam qui a prononcé le mot d’ouverture, le président de la chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, Nanan Amon Tanoe, le vice-président du Sénat et bien d’autres, ont pris part au Jour 1 de ce colloque international, en dépit de la persistance de la pandémie de la Covid-19.


La qualité des travaux de ces assises a été à l’image des éminents enseignants-chercheurs et chercheurs, professeurs et doctorants des universités publiques de Côte d’Ivoire et du Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Guinée et du Togo.