Le Réseau des Organisations de la Société Civile Ivoirienne pour le Contrôle Citoyen de l'Action Publique (ROSCI-CCAP), a reçu dans ses locaux une délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) le jeudi 09 septembre dernier. Les échanges ont porté sur la lutte contre la corruption en Côte d’Ivoire. Alex Moro Nicaise, président ROSCI-CCAP, en a profité pour faire plusieurs révélations.


C’est Delphine Couveinhes Matsumoto en sa qualité de spécialiste de programme droits de l’Homme à l’OIF, qui a représenté l’organisation. Aux responsables du ROSCI-CCAP, elle a demandé les secteurs les plus minés par la corruption, les sujets prioritaires sur lesquels ils travaillent, les défis et besoins de leur réseau.


"Le problème de la corruption est immense. La Côte d’Ivoire est toujours parmi les pays mal classés niveau corruption par l’ONG Transparency International. Tous les secteurs en Côte d'Ivoire sont touchés par la corruption. L'impunité est l'épine dorsale. Une enquête a révélé que le secteur le plus corrompu est celui de la justice" fait savoir Alex Moro Nicaise, président ROSCI-CCAP.


Le Réseau des Organisations de la Société Civile Ivoirienne pour le Contrôle Citoyen de l'Action Publique, indique que "la corruption gangrène la société ivoirienne". "Le Premier ministre Kablan Duncan disait que, dans le cadre du racket sur les routes, la Côte d'Ivoire perdait près de 350 milliards FCFA par an" ajoute Alex Moro Nicaise.


En Côte d’Ivoire, des structures ou instruments pour lutter contre la corruption existent : Ministère de la Promotion de la Bonne Gouvernance, Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, Brigade de Lutte contre la Corruption etc. Le Président Alassane Ouattara ayant fait de la lutte contre ce fléau l’une des priorités de son nouveau mandat.


"Lutter contre la corruption est un sacerdoce. Il y a des outils pour lutter contre elle, mais on n'y arrive pas. Pourquoi ? Est-ce que les hommes dans ces structures sont assez courageux pour mener la lutte ? L'Etat seul ne peut pas gérer la question de la corruption. Il faut des comités tripartites : Etat, secteur privé et société civile" soutient Alex Moro Nicaise. "Il faut arrêter l'impunité" a-t-il ajouté.


Après ces mots du président du ROSCI-CCAP, Delphine Couveinhes Matsumoto a tenu à rassurer le réseau quant à la prise en compte du constat. "Il faut approfondir cette réflexion avec des professionnels de ce secteur et ceux des droits de l'homme. Nous sommes en prospection pour l'instant en Côte d'Ivoire. Nous savons que dans le cadre de la lutte contre la corruption, il faut une application du politique" a-t-elle conclu.


Créé en 2014, le ROSCI-CCAP est le fruit de la prise de conscience des organisations de la société civile, qui ont décidé de se réunir pour être plus efficace. Il est composé de citoyens ou groupes organisés pour le Contrôle de l'Action Publique. Le réseau regroupe 12 organisations de la société civile.



Boris Odilon Blé