Atos, le groupe français en charge de la sécurité informatique des Jeux olympiques et paralympiques, a constaté une multiplication par trois environ des incidents de sécurité entre Rio (2016) et 2021 (Tokyo), a indiqué mercredi l'un des responsables du groupe, au Forum international de la cybersécurité de Lille. 

 

"A Tokyo on a constaté environ un milliard d'incidents, alors que ça se comptait en centaines de millions à Rio", a déclaré Pierre Barnabé, qui dirige la division "cybersécurité" d'Atos.

 

Atos n'a néanmoins recensé aucun incident vraiment majeur, malgré le côté "raffiné et complexe" de certaines tentatives d'intrusion, a indiqué M. Barnabé.

 

"Finalement, on s'est fait plus peur avant, pendant la préparation, quand nous simulions les attaques" pour être prêts à un maximum de scénarios, a-t-il indiqué.

 

Atos pilotera de nouveau la sécurité informatique du Comité international olympique et du Comité international paralympique pour les Jeux de Paris en 2024.

 

Il coordonnera également les préparatifs de la filière française de la cybersécurité, qui veut faire des Jeux une démonstration du savoir-faire tricolore en la matière.

 

La multiplication des incidents de sécurité observée aux Jeux olympiques illustre en tout cas la nécessité d'automatiser la protection des réseaux, grâce à l'intelligence artificielle, a estimé M. Barnabé.

 

"On ne pourra pas mettre des milliers de personnes derrière des écrans pour se protéger, il y aura besoin de +robots+" qui gèreront les attaques classiques et "amèneront aux humains les attaques inédites", a-t-il indiqué.

 

Dans le camp d'en face, les attaquants commencent eux aussi à avoir recours à l'intelligence artificielle, a-t-il indiqué.

 

"On peut imaginer que bientôt on verra des virus capables d'être autonomes face à nos réponses", a-t-il prévenu.