Le nouchi et le créole des Antilles-Guyane ont des similarités lexicales (Hiram Widza, Fondatrice de Lang Kréyòl)

Publié le 7 juin 2022 à 17:40 Modifié le 29 sept. 2022 à 13:29

  • Le nouchi et le créole des Antilles-Guyane ont des similarités lexicales (Hiram Widza, Fondatrice de Lang Kréyòl)

Des peuples, des cultures se rencontrent, des langues s’assemblent et finissent par se ressembler. Le nouchi et le créole sont le résultat de ces connexions, qui font la richesse, la particularité de ces deux langues et qui sont également la source des similarités qu’elles partagent sur le plan linguistique.

Il y a quelques années, lorsque j’ai pour la première fois entendu des Ivoiriens parler le nouchi, je l’ai directement associé au créole, en identifiant plusieurs points communs linguistiques entre ces langues.

Toutes ces similarités sur le plan lexical, syntaxique et phonétique, ont éveillé ma curiosité sur le nouchi et m’ont conduite à approfondir mes recherches à ce sujet.

Ces nombreuses ressemblances s’expliquent principalement par le fait que le nouchi et le créole des Antilles-Guyane se sont construits sur des bases linguistiques similaires, en se formant à partir d’un mélange de plusieurs langues (européennes et africaines) communes.

Découvrons quelques exemples ci-dessous :

Appeler :

Wélé (Nouchi)

Rélé (Créole haïtien, guyanais)

En créole guadeloupéen, martiniquais et haïtien, “Wélélé” veut dire

“tumulte” ou encore “vacarme”.

Etymologie : Vient du dioula et du bambara

Maigrichon / Faible :

Flêkê-flêkê (Nouchi)

Fyèkè (créole guadeloupéen) / Fyègèdè(k) ou Flègèdè (créole guadeloupéen, martiniquais, guyanais, haïtien)

Etymologie : Fyèkè et Flêkê-flêkê tirent leur origine de la langue baoulé

Rapidement :

Chap-chap (Nouchi)

Fap-fap (Créole guadeloupéen, martiniquais)

Nous retrouvons aussi le mot “Chap-chap” dans plusieurs langues ouest-africaines.

Argent :

Lahan : (Nouchi)

Lahan : (créole guadeloupéen, martiniquais)

Le vocabulaire nouchi, s’est également imprégné de certaines expressions tirant leur source des créoles à bases lexicales françaises (guadeloupéen, martiniquais ou encore guyanais), au contact du zouk, par le biais du groupe Kassav, à partir des années 1985.

Voyons ci-dessous deux exemples :

« Allons-y » : 

Annou alé (Créole guadeloupéen, martiniquais, guyanais ...)

Anoualé (Nouchi) 

« C’est comme ça » :

Sé konsa (konha) sa yé (Créole guadeloupéen, martiniquais ...)

Ce conhan sahé (Nouchi)